Un nouvel appel d'offres devrait avoir lieu à la fin du contrat actuellement en vigueur, conclu avec le groupe Sonatrach, soit à la fin 2020.

à l’issue d’un Conseil des ministres tenu mardi, le président libanais, Michel Aoun, a décidé de maintenir le contrat de fourniture du fuel conclu avec le groupe Sonatrach. Le président libanais tranche ainsi dans le vif après plusieurs semaines de révélations sur un prétendu scandale de “fuel défectueux” dans lequel le groupe Sonatrach était cité. Cette affaire a provoqué les foudres de la classe politique libanaise ; certains ont exigé la résiliation sans délai du contrat avec le groupe Sonatrach. 
Le président libanais dit niet, mais charge son ministre de l’Énergie de préparer un nouvel appel d’offres, dont le lancement est prévu à la fin du contrat avec Sonatrach. 
En effet, le ministre libanais de l'Énergie, Raymond Ghajar, dont les propos ont été rapportés par Reuters, a confirmé qu'un nouvel appel d'offres devrait avoir lieu à la fin du contrat, soit fin 2020. Ainsi, le contrat de fourniture de carburant au Liban, par Sonatrach, reste en vigueur jusqu’à la fin de l’année en cours, en attendant qu’un nouvel appel d’offres soit lancé fin 2020, à en croire le ministre libanais de l’Énergie. 
Sonatrach pourrait ainsi perdre pied au Liban sous la pression de la classe politique libanaise, très remontée, semble-t-il, contre le groupe public des hydrocarbures, accusé d’avoir fourni du “fuel défectueux” au Liban. 
Outre la décision d’honorer le contrat d’importation de carburants conclu avec Sonatrach jusqu’à la fin de l’année, le président libanais a exigé la poursuite des investigations et des démarches judiciaires, soulignant que celles-ci “devraient déboucher sur des résultats concrets. D’autant que l’opinion publique attend des actes sur ce plan”. 
La justice libanaise s’est saisie de l’affaire et avait annoncé plusieurs mandats d’arrêt lancés, entre autres, contre un certain Tarek Faoual, présenté comme étant un représentant de Sonatrach au Liban. Sonatrach Petroleum Corporation (SPC), filiale de la compagnie nationale des hydrocarbures, a aussitôt “réfuté” ces informations selon lesquelles un haut cadre de Sonatrach serait impliqué dans un différend étudié par la justice libanaise. “SPC réfute totalement les allégations inexactes et mensongères sur l’implication d’un haut cadre de Sonatrach dans cette affaire et informe que la personne entendue par la justice libanaise, est un agent maritime indépendant, œuvrant pour le compte de SPC”, avait indiqué la filiale de Sonatrach dans un communiqué. 
Selon des sources proches de Sonatrach, le carburant vendu au Liban respectait parfaitement les normes à sa sortie des raffineries algériennes. Des tests justifiant cette conformité seraient disponibles sur les chaînes de production. Les mêmes sources estiment qu’il serait plutôt préférable que d’autres tests soient effectués à l’arrivée de la marchandise sur le sol libanais et remonter ensuite la chaîne logistique pour en savoir plus. Quoi qu’il en soit, cet incident tombe particulièrement mal pour le groupe public des hydrocarbures, à la recherche, depuis plusieurs années déjà, d’une impossible stabilité. Sonatrach fait face à ses vieux démons qui pourraient resurgir sous peu, puisque, selon des indiscrétions, certains dossiers devraient être rouverts dans le cadre d’une instruction au niveau de la Cour suprême.   

Ali Titouche



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